Un salon qui prend de l'ampleur, dans un marché qui bascule

La deuxième édition du Salon Souveraineté Numérique a ouvert ses portes à Paris les 30 juin et 1er juillet 2026, avec près de 100 exposants et un programme de 20 conférences axé sur le passage concret à l'acte.

L'événement s'est tenu à l'Espace Champerret, placé sous le parrainage d'Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique.

Le signal politique est clair. Le marché de la souveraineté numérique a changé de registre : les directions informatiques ne demandent plus si elles doivent réduire leur dépendance aux fournisseurs extra-européens, elles demandent comment, et à quelle vitesse. Le contexte chiffré donne le vertige : selon le Cigref, 80 % des dépenses cloud européennes reviennent à des acteurs américains, soit 265 milliards d'euros, et l'Institut Montaigne évalue à 70 % la part des données françaises hébergées hors de l'Union européenne.

Nextcloud en vitrine, Euro-Office en toile de fond

À travers conférences, ateliers et rendez-vous professionnels, l'événement s'est concentré sur le cloud sécurisé, la cybersécurité, l'IA et l'open source. Nextcloud y a présenté comment les organisations peuvent reprendre le contrôle de leurs données tout en maintenant une collaboration fluide.

Nextcloud se présente comme la solution de cloud privé auto-hébergé la plus déployée dans les administrations européennes. Sa participation à Paris n'est pas anodine : le salon est l'un des rares événements où les décideurs publics français se trouvent au contact direct de fournisseurs alignés sur les exigences du SecNumCloud ou des critères équivalents.

Pour l'écosystème Euro-Office, la présence de Nextcloud à un tel rendez-vous prend une résonance particulière. Euro-Office est désormais disponible comme deuxième option de suite bureautique dans Nextcloud Office, aux côtés de la suite basée sur Collabora. Autrement dit, chaque DSI venu s'informer sur Nextcloud se retrouvait, qu'il le cherche ou non, face à un démonstrateur indirect d'Euro-Office.

Parmi les exposants, des éditeurs de messagerie et de collaboration comme Proton, Wire ou Nextcloud côtoyaient des acteurs de l'open source comme Linagora et un moteur de recherche comme Qwant.

Des intégrateurs de premier plan — Sopra Steria, Capgemini, CGI ou Eviden — complétaient l'offre côté services.

Un marché qui passe des intentions aux contrats

Le marché de la souveraineté atteint une maturité qu'il n'avait pas il y a deux ans, portée par la dépendance que les dirigeants reconnaissent et cherchent désormais à corriger. Le déplacement s'opère vers la mise en œuvre, le passage de l'intention à des contrats et des migrations documentées.

Le programme a été structuré autour de huit parcours thématiques : géopolitique et autonomie stratégique, régulation européenne, cloud de confiance, identité et données, IA souveraine, open source, secteur public et collectivités, ainsi qu'écosystèmes et startups. Plus de 25 conférences, keynotes et tables rondes étaient axées sur les retours d'expérience de DSI, RSSI et responsables innovation ayant déjà déployé des solutions souveraines.

Pour Euro-Office, qui vient de dépasser les trois semaines d'existence en version stable, ce type de rendez-vous institutionnel représente un test grandeur nature. Les acheteurs publics présents à Paris ne cherchent plus des promesses : ils veulent des références, des SLA, des certifications. Le projet, soutenu par un consortium de douze acteurs européens, a l'éco-système pour répondre à ces exigences — mais devra désormais transformer l'essai sur le terrain des appels d'offres publics.